Selon la théorie, les investissements dans les infrastructures en période de récession permettent de prendre avantage d’une main d’œuvre disponible en raison d’un marché de l’emploi en perte de vitesse tout en assurant aux personnes des revenus qui sont immédiatement dépensés au pays. Ces projets devraient permettre de bâtir ou de rénover ce qui est essentiel pour relancer la compétitivité du pays lorsque le contexte sera plus favorable et que les investisseurs privés seront prêts à injecter de l’argent dans l’économie. Dans leurs commentaires, MM. Martin, Manley et Mazankowski ont mentionné les ponts, les routes et un service de train rapide entre certaines grandes villes — une façon très traditionnelle d’aborder la notion d’infrastructure.
En
2009, on doit se demander ce qui est essentiel pour renforcer la
compétitivité du Canada et attirer les futurs investissements. Les
ponts, les routes et les transports publics sont importants mais nous
sommes aujourd’hui dans une économie du savoir et nous devons élargir
le concept d’infrastructure pour tenir compte des changements
fondamentaux que subit notre monde.
L’économie du savoir a besoin de travailleurs hautement qualifiés et
d’infrastructures qui prennent la forme d’un milieu de recherche de
classe mondiale, de laboratoires de pointe et d’universités
adéquatement financées. Un programme d’innovation efficace nécessite
une solide capacité pour générer de nouvelles idées et transformer
celles-ci en produits, services et politiques au bénéfice du public.
Seuls les investissements dans les infrastructures du savoir peuvent
créer cette capacité d’innovation dont le Canada a tellement besoin.
Le Canada a besoin d’investir non seulement dans les ponts et les routes mais également dans les universités et la recherche. Un investissement énergique dans l’infrastructure du savoir devrait donner aux universités les fonds nécessaires pour stimuler la recherche en santé, en sciences humaines et en technologie — des investissements qui renforceront la position concurrentielle du Canada dans le monde au sortir de la récession.
Au XXIe siècle, les investissements traditionnels dans le béton ne suffisent plus. Nous devons repenser et moderniser notre conception de ce qui constitue une infrastructure. Ce qui était approprié dans les années 1930 n’est pas adapté à la réalité des années 2010. Le gouvernement fédéral se doit d’investir dans la recherche et l’innovation — l’infrastructure du savoir du Canada — dans le cadre de tout programme de dépenses publiques visant à stimuler l’économie.
Nathalie Des Rosiers
Présidente
Fédération canadienne des sciences humaines



