Un avenir sombre pour les soins aux aînés, selon une chercheure
Nous devons agir maintenant pour éviter une crise sévère dans les services aux aînés
« Le Canada fera face à une crise dans les services offerts aux aînés d’ici quelques années, à moins que les décideurs n’agissent maintenant pour la prévenir », dit une chercheure de l’Université Carleton.
Gabrielle Mason est une doctorante de 2e année en sciences politiques. Dans une communication présentée au Congrès des sciences humaines qui se tient cette semaine à l’Université Carleton à Ottawa, elle affirme que les changements démographiques associés à une population vieillissante causeront bientôt une véritable crise dans les services aux aînés au Canada.
« D’une part, dit-elle, la population vieillit rapidement. En 2015 – dans six ans seulement – il y aura au Canada davantage de personnes âgées de plus de 65 ans que de personnes âgées de moins de 15 ans. Et la proportion de personnes âgées au pays devrait doubler au cours des 25 prochaines années. »
D’autre part, les aidants naturels sont moins disponibles et moins aptes à faire le travail pour diverses raisons.
Actuellement, 90 pour cent des soins aux aînés sont donnés par des aidants bénévoles, des femmes pour la plupart. Mais de nos jours, la majorité des femmes travaillent à l’extérieur à temps plein et il leur est plus difficile de prendre soin de leurs parents âgés – particulièrement, si elles ont aussi encore une famille à élever.
Ces aidants naturels sont aussi moins nombreux dans les familles en raison de la diminution du nombre d’enfants. Enfin, le divorce a rendu plusieurs personnes âgées plus vulnérables, n’ayant plus le support d’un conjoint.
Ces changements et la longévité accrue de la population imposent une refonte des services offerts aux aînés.
« Les décideurs canadiens n’ont que quelques années pour régler la question des services offerts aux aînés, dit Madame Mason, car les changements démographiques nous conduisent rapidement dans une impasse. »
Les décideurs n’ont peut-être pas à regarder très loin. Madame Mason mentionne que des programmes efficaces de soins aux aînés existent déjà, citant le Programme pour l’autonomie des anciens combattants (PAAC), offert par me ministère Anciens combattants Canada.
Selon le site Web Anciens combattants Canada, le PAAC est un programme national de soins à domicile qui aide les vétérans et d’autres personnes qualifiées à se maintenir en santé et à vivre de manière autonome dans leur propre maison. Grâce à ce programme, ils peuvent recevoir du financement pour couvrir des dépenses telles que la tonte du gazon, le déneigement, l’entretien ménager, les soins d’hygiène personnels, les soins et le service de soutien par des professionnels de la santé ainsi que certains déplacements.
Selon Mason, 94 500 canadiens profitent actuellement de cette assistance dont la valeur est indéniable.
« Beaucoup de gens diront qu’il en coûterait beaucoup d’offrir des services semblables à ceux du PAAC, » dit Gabrielle Mason, mais selon elle, de tels programmes éliminent ou retardent l’institutionnalisation, et en ce sens permettent de réaliser d’importantes économies.
« Les Canadiens méritent et devraient s’attendre à jouir d’une bonne qualité de vie dans leurs vieux jours, dit Madame Mason. Un niveau minimal de soins ne devrait pas être considéré comme un luxe. »
Organisé par la Fédération canadienne des sciences humaines, le Congrès 2009 réunit quelque 8,000 chercheurs de partout au Canada et dans le monde.





