Les enseignants adoptent Facebook comme outil de perfectionnement professionnel

Le site d’un groupe sur Facebook est une tribune pour des discussions sérieuses, selon une chercheure

Camille Rutherford, de l’Université Brock, s’attendait à trouver principalement du bavardage futile lorsqu’elle a commencé un très long  projet d’observation d’un site sur Facebook, le Ontario Teachers: Resources and Idea-Sharing

Elle a plutôt découvert que ce groupe sur Facebook, qui rassemble plus de 10 000 membres, était un important forum de perfectionnement professionnel – une tribune non seulement pour les enseignants de l’Ontario mais aussi pour des éducateurs étrangers intéressés par le système d’éducation de cette province. 

facebookSa recherche permet d’identifier  comment les sites web de médias sociaux comblent certains besoins en permettant aux enseignants de se brancher et d’échanger des informations sur des sujets importants, et ce, dans une approche nouvelle. 

« La plupart des gens croit que Facebook n’est bon que pour des bavardages entre adolescents ou pour la planification d’une réunion des anciens du secondaire », dit Mme Rutherford, chargée de cours à la Faculté d’éducation de l’Université Brock et participante au Congrès 2009. « Ce n’est pourtant pas le cas pour les enseignants qui se joignent à des groupes sur Facebook. Pour eux, c’est une question de perfectionnement professionnel. Ce n’est pas du radotage oiseux, mais bien un moyen pratique d’accroître leurs connaissances ».

Facebook est rapidement devenu un phénomène social. Conçu comme un réseau social virtuel pour les étudiants collégiaux et universitaires, il est devenu un lieu d’échange pour toutes sortes de groupes, y compris des groupes professionnels.   

Les enseignants suivis par Mme Rutherford étaient pour la plupart de niveau primaire et secondaire. Bien que la plupart étaient Ontariens, elle a aussi identifié des étrangers parmi eux – généralement des enseignants intéressés à travailler ici. 

Le suivi des conversations a duré plusieurs mois et elle a constaté que le groupe était loin d’être une simple « salle de prof » virtuelle: plus de 90 % des échanges portaient sur des sujets importants qui répondent à la définition de perfectionnement professionnel. Ainsi, un enseignant peut soumettre un problème – comme le harcèlement – et les membres du groupe tenteront de trouver une solution.

La force de Facebook, et des médias sociaux en général, est que la recherche d’information provient des participants. Les enseignants eux-mêmes recherchent l’information – il n’y a personne pour leur dire ce qu’ils doivent savoir.  

« À mesure que les réseaux sociaux seront plus populaires, on verra davantage de ces initiatives » estime Mme Rutherford, ajoutant que les étudiants qui ont grandi avec ces médias en ont un connaissance instinctive.  «Le monde corporatif commence à s’y intéresser », dit-elle, « même que quelques industries planifient une version-maison de Facebook pour tirer avantage des connaissances de leurs employés.»

Selon Rutherford, sa recherche n’offre pas de réponse à savoir pourquoi les enseignants qui rencontrent des difficultés vont sur un site virtuel plutôt que d’en discuter avec leurs collègues?  Elle croit  – et souligne qu’il n’existe pas de recherche à l’appui – que les discussions en ligne sont perçues comme moins risquées, moins critiquées, particulièrement par les jeunes enseignants qui peuvent être intimidés par leurs collègues avec plus d’expérience.