Les difficultés des étudiants du Nord s’expliquent par des besoins non satisfaits

 

Des service de garde sur le campus feraient toute la différence, selon des chercheurs

 

Les étudiants du Nord et les étudiants autochtones du Canada auraient de meilleures chances de terminer leurs études post-secondaires si les services de garde étaient aussi répandus que les bibliothèques sur les campus universitaire, selon deux chercheurs de l’Université du Manitoba.   

 

Lors du Congrès 2009, Colin Bonnycastle et Susan Prentice présenteront les résultats d’un sondage auprès des étudiants post-secondaires du Nord du Manitoba.  Ils ont trouvé que la population étudiante dans le Nord était très différente de celle que l’on retrouve au Sud et que ses besoins sont tout aussi tout aussi différents.

 

Le trois-quarts des 75 étudiants interviewés étaient autochtones et 78 % étaient des femmes. L’âge des répondants était toutefois la grande différence. Ce sont majoritairement des étudiants adultes dont l’âge moyen est 30 ans, comparativement à 22 ans dans le sud.  Ainsi, 70 % des étudiants du Nord ont des enfants et doivent équilibrer études et obligations familiales. Tout un défi compte tenu que le système universitaire est axé sur une population jeune, sans conjoints ni enfants.

 

Ce serait, en fait, la principale raison pour laquelle les étudiants du Nord et les étudiants autochtones ont de la difficulté à terminer leur scolarité. 

 

Selon la professeure Prentice, le sondage montre qu’au cours d’un seul mois, 58 % des étudiants interviewés se sont présentés en classe avec un retard attribuable à des problèmes de service de garde et 68 % ont dû quitter plus tôt à cause de leurs enfants. Plus de la moitié d’entre eux n’ont pu assister à une activité scolaire faute de quelqu’un pour garder leurs enfants. «Et ce, en un mois seulement!, dit Mme Prentice. Qu’en est-il pour une année complète!  Le soin des enfants est un problème majeur.»

 

« Autrefois, on attribuait les échecs scolaires à la présence d’étudiants plus faibles » nous dit Dr. Prentice, professeure et directrice des Études supérieures en sociologie de l’Université du Manitoba. 

 

« Nous croyons que c’est une erreur. À bien regarder, nous trouvons que le stress associé au travail et à la famille explique en grande partie les difficultés qu’ils éprouvent à rester en classe ». 

 

La professeure Prentice croit que les universités, particulièrement celles qui ont des campus dans les régions nordiques ou qui attirent des étudiants de ces communautés, devront revoir leur approche si elles veulent la réussite de leurs étudiants adultes.    

 

Ainsi, elles devront faire en sorte que les horaires de cours coïncident avec ceux des élèves du primaire et du secondaire. De plus, ils ne devraient pas y avoir de cours du soir si l’on n’offre pas de service de garde.  

Elle ajoute que les établissements post-secondaires devront revoir les politiques d’hébergement ainsi que les prêts offerts à leurs étudiants.  Par exemple, l’hébergement généralement offert sur les campus vise à combler les besoins d’une personne seule et dans la jeune vingtaine plutôt que ceux d’un étudiant adulte et de sa famille.  Il en est de même pour les prêts qui suffisent peut-être aux besoins d’une personne seule, mais ne subviennent pas aux besoins d’une famille. 

 

« Jusqu’à ce que nous leur fournissions ces ressources, il est injuste de faire porter le blâme aux étudiants pour leur impuissance à surmonter ces obstacles structurels », dit-elle.  « Il ne vient à l’idée de personne de débattre de la nécessité d’une bibliothèque. Il est temps de reconnaître qu’un service de garde est tout autant indispensable ».